Claire Schapira
Claire Schapira

autoportrait

Claire Schapira / Autoportrait

 

e suis fascinée par les nombres, les énumérations, les dictionnaires, les paradoxes, les mythes, les rites, les organigrammes, les dates, les heures.

J’aime les répétitions générales, les partitions bien noircies, le paroxysme en musique, les chefs d’orchestre véhéments.

J’aime sentir le travail dans une œuvre.

J'aime Camille Claudel, les écrits de Varèse, le mot musique, les concerts qui commencent à 18h30 précises.

Je n’aime pas le snobisme des créations mondiales, les entractes qui ne sont que des rendez-vous d’affaires.

Je déteste la paperasserie, les relations publiques, les transitions en musique.

Je ne supporte pas les enregistrements historiques, mais j’adore Kathleen Ferrier.

J’aime l’Oulipo ; Perec, Calvino, Raymond Roussel, Bosch, Goya, Egon Schiele, Pollock, Ligeti, Xenakis, surtout Jonchaies…

J’aime sentir la générosité de l’artiste derrière son œuvre, et pourtant j’aime Wagner, Debussy, Ibsen.

J’aime les voix et les cordes.

J’aime Berg.

J’aime parler de la souffrance humaine, de la révolte et de la folie dans mon travail.

J’aime les photocopies, les partitions de poches, le papier millimétré, le rotring 3.5, les lames de rasoir, mon bureau sans poussière…

J’aime certains compositeurs et pas d’autres.

J’aime les épinards sans crème, les citrons pressés sans sucre, le travail méthodique, les notations claires, les derniers quatuors de Beethoven.

J’aurais aimé pouvoir téléphoner à Berlioz, écrire à Berg et à Bartok, mourir sur scène en chantant les quatre derniers lieder de Strauss, mener une vie itinérante dans un cirque.

J’aime la mémoire, l’idée de mémoire, la montagne au dessus de 1 500 mètres, l’amité dans le travail.

J’aime Antigone.

J’aime passionnément l’opéra.

J’aime la passion. Je crois au lyrisme en musique.

Plutôt mourir que d’emporter une seule œuvre sur une île déserte, impossible de ne pas écouter Wozzeck, Don Juan, Electra, Atmosphères, Ramifications, Erwartung, le Concerto à la mémoire d’un ange, l’Offrande musicale, la Concorde sonata, la Suite lyrique…

Je pourrais peut-être me passer d’écouter Central Park in the dark, la Résurection, Salomé, la lettre amoureuse, Don Carlos, Ionisation, Epiphanie…mais quelle horreur !

J’aimerais surtout que vous, vous écoutiez Acheminement, La chaîne, Ténèbres, À chœur perdu, Rumeur, Chant cousu… et même, que vous aimiez.

[Claire Schapira ]

Née en 1946, c’est par le théâtre et le piano, puis le clavecin
(Élève d’Huguette Dreyfus ) que j’entre en musique adolescente en tant qu’interprète, puis comme compositeur. Dès l’âge de 18 ans ce sont les premiers concerts de clavecin, en soliste ou en formation (L’hamonicorde), à Paris, régions françaises diverses et étranger.

Côté composition musicale, bien que recalée en classe de composition au Conservatoire national de musique de Paris - pour une musique qui se veut de son temps et non du début du siècle - l’interprétation de ma pièce présentée est imposée au concert public d’accueil par le chef d’orchestre Boris de Vinogradov et les instrumentistes du conservatoire. Poursuivant seule mon travail, j’obtiens cependant les soutiens successifs ou conjugués de compositeurs comme Henri Dutilleux, Jean-Pierre Guezec, Györgi Ligeti, Ianis Xenakis, Yves Prin, Peter Eötvos, ainsi que des chefs d’orchestre comme Boris de Vinogradov, Lukas Pfaff, Charles Bruck, Peter Eötvos, Arturo Tamayo, Dominique My…

Auteur de diverses compositions pour solistes, formations de chambre ou grand orchestre depuis 1966, j’ai d’abord partagé mon temps entre les concerts de clavecin, l’enseignement, des stages, à la schola Cantorom (Electroacoustique), à l’Ircam, puis un séjour de deux années (76 à 78 ) à la Villa Médicis comme pensionnaire. Depuis 1983, je me consacre exclusivement à la composition.

Je considère qu’In pace, pièce pour soprano, chœur et orchestre, écrite en 1978 et créée en 1981 par Radio France pour le Festival Estival de Paris, constitue mon premier ouvrage de la maturité. D’autres compositions et créations feront suite jusqu’à ce jour…

[Claire Schapira ]

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© Claire Schapira